Le Beatmaking en 2010

Sans pour autant refaire l’histoire intrinsèque du Beatmaking depuis ses origines, il est évident que nous assistons depuis une petite dizaine d’année, avec l’évolution du marché des machines professionnelles et semi professionnelles (et cela pas uniquement dans la musique, mais aussi dans la vidéo, la photo etc…) ainsi qu’à leur baisse de prix à une percée des celles-ci chez monsieur et madame tout le monde. Clairement, l’émergence des Home-Studio appuyé par la démocratisation de l’informatique et d’internet.

Ce qui amène un peu n’importe qui à utiliser n’importe quel outil pour faire un peu n’importe quoi…
Il n’y a pas si longtemps que ça, créer un beat néssécitait des machines souvent couteuses, que l’on ne pouvait pas se payer comme ça, on louait donc un studio rassemblant l’ensemble des instruments et machines nécessaires à sa création. Location souvent pas donnée…
(pour ceux qui ont déjà mis les pieds dans un véritable studio d’enregistrement, vous serez bien d’accord qu’un home-studiste, n’aura jamais ce qu’un vrai studio propose.)

Cela à un triple impact.

1)    L’émergence de tout un tas de pseudo-musicien, qui avec un clavier d’ordinateur, une souris et un clavier maître pour les plus fournis, tricotent des instrus. Non pas que le fait que l’on puisse s’amuser avec un logiciel de musique et un clavier soient un mal en soit, loin de là au contraire. En revanche, ce qui me gêne un peu plus c’est l’affichage de ce bidouillage (au travers d’internet par exemple) comme un état de fait devenu presque une référence.

2)    La perte d’un savoir faire, de la performance musicale, du travail de l’instrument etc… Ce qui croise quelque part le point numéro 1. Pourquoi se casser la tête à écouter des disques, rechercher des sons, sampler un pied de batterie, jouer un accord de guitare ou aller enregistrer des oiseaux qui chantent alors que tout ça se trouvent sur internet en téléchargement au format MP3?
Où est passer le plaisir de jouer d’un instrument, la joie d’entendre de vraies cordes vibrer, la reconnaissance du travail du musicien, voir du virtuose qui joue du violon comme personne? Ne serait-ce pas là, une des explication de l’image et du mépris  que certains ont envers le Beatmaking?

Il y a de toute évidence une perte de la qualité dû à ces technologies qui offrent l’illusion de pouvoir recréer un univers (artificel) qui n’arrive pas à la cheville de la sonorité, de la créativité et de la réalisation de ce que peut faire un vrai musicien avec son instrument.

3)    Une baisse de la qualité musicale accompagné d’un manque cruel de recherche et de créativité au bénéfice de la technologie. Le résultat des deux premiers points entraîne directement, une baisse de la qualité musicale (on ne me fera jamais croire qu’un VST aura le même son que l’instrument) et une tendance vers la facilité tirant plus vers le bas que vers le haut la recherche créative.

Attention, je ne dis pas que l’informatique est la bête noire de la musique, je dis qu’à vouloir tout faire via un ordinateur pour des raisons de coûts, de simplicité technique etc… on fait plus d’informatique (de pomme c) que de musique (de clefs de sol) et que le résultat est bien souvent en dessous de ce que pourrait donner de vrais instruments. Pour moi, l’ordinateur, élément aujourd’hui incontournable dans la musique, ne doit intervenir qu’en support. Pour l’enregistrement, les arrangements, le mastering. Mais pas pour le processus de création.(à l’exception de la musique électronique dont l’ordinateur est l’outil principal)

Et c’est à mon sens l’un des problèmes majeur du Beatmaking aujourd’hui. Il y a eu en 10 ans une telle démocratisation rendant tellement accessible à tous la possibilité de faire quelque chose aussi médiocre soit-elle que la valeur initiale du Beatmaking c’est complètement dévaluée au détriment de ceux de l’époque ou de ceux qui encore aujourd’hui s’accrochent aux « valeurs » de références.

Alors certains parleront d’évolution, très bien, mais l’évolution ne pourrait-elle pas se faire en faveur de quelque chose plutôt qu’au détriment de la qualité?
Très franchement, je ne vois pas comment on peux dire que l’on fait de la musique lorsque l’on passe son temps à cliquer avec sa souris sur un logiciel pour faire apparaître un trait qui reproduit un son ou à pianoter sur son clavier d’ordinateur.

Perso, je n’utilise l’informatique qu’en fin de parcours. J’ai deux instruments « fétiches », une guitare et une MPC sur laquelle je fais presque tout, (j’aimerais bien savoir jouer du piano que pour l’instant je ne fais que frôler), mais voilà, la musique se ressents, s’apprend, se joue, mais ne se fait surtout pas derrière un ordinateur…

7 réflexions au sujet de « Le Beatmaking en 2010 »

  1. 1 : d’accord avec toi, sur youtube les 5 minutes beat me font sortir de mes gonds
    2: c’est la différence entre la compo et le sample, c’est 2 écoles quoi ! et puis a la base les machines sont la comme couteau suisse musicale donc en remplacement de vrai instrument (bien évidement ce n’est pas le cas dans la pratique mais on peut quand même passé outre)

    sinon c’est la démocratisation de la musique, ce n’est plus réservé a une esthete comme le golf…

    pour ma part j’utilise très peu l’ordinateur (un mac en occurence) déjà je maitrise vraiment très mal tous ces logiciels et compagnie alors je fais mes boucle sur mon sampler (sp555) et je reproduit juste mes boucles sur le logiciel. après je sais qu’avec un mac, et un logiciel type Logic pro, ou ableton, je pourrais vraiment m’ouvrir a d’autre horizons)
    dans un sens je me dis « pourquoi l’art dépendrais de l’argent ? » si un mec me sort une pure prod alors qu’a la base il avait pas de quoi ce payer une mpc et une platine vinyles plus les vinyles qui vont avec…et bien quoi ? bon après le logiciel décuple le talent si on veut allez par là… en tout cas la plupart des instru posées sur cd sont des compo, on constate une vrai disparition des samples et je parle même pas des scratchs.
    j’espere que ma pensé ne s’éparpille pas trop…

  2. Ok pour que la musique ne soit pas réservé aux gens qui ont les moyens. En même temps, ça fait partie du jeu. Je pense, qu’on a tous économisé pour acheter notre matos (je parle des grosses machines pas d’un clavier maître à 50 euros) et c’est bien là que se fait une des différences. L’investissement financier est l’un des « sacrifices » (ou frein) au même titre que la persévérance par exemple.

    Et puis je ne suis pas certain qu’il y ai une disparition du sampling.
    En tout cas surement pas aux Etats Unis. Et pas forcément plus en France, un exemple dans l’éléctro, David Guetta et ses remixes…(ok, mon exemple vaut ce qu’il vaut… 🙂 )
    Mais je comprends ce que tu veux dire.
    Et cela s’explique à mon avis par deux choses: 1) Le sampling est loin d’être une technique facile à maîtriser et lorsque tu samples (et que tu vends des disques) tu t’exposes à payer des droits… 2) Aujourd’hui t’achètes un clavier maître, tu pianotes cinq touches et tu te prends pour un Beatmaker qui compose…et c’est à mon avis plus facile que sampler. Pour un peu que t’es un micro qui traîne et un graveur de CD tu t’enregistres (ou t’enregistres tes potes) et tu dis que tu fais du rap… Mince!

    Je comprends que l’on veuille créer ses propres morceaux, c’est valorisant. Mais très franchement, si tu sais pas jouer de piano, de guitare, de violon ou je ne sais de quel instrument comment peux-tu croire que tu vas créer tes compo (et des belles) avec un clavier maitre et un ordi. C’est un non sens! C’est prendre le problème à l’envers.

    Ça me rappelle une interview de Kehops qui disait qu’il avait découvert la création musical grâce au sample avec l’arrivée des premiers sampleurs. Et que ce n’est qu’après pour enrichir ses Beat qu’il avait appris à jouer des instruments.

  3. c’est vrai aussi,
    moi dernièrement j’ai vu cutee B dire qu’a l’époque tout les mecs achetaient du matos sampler platine etc et après ils voyaient si c’était leur truc ou non et surtout s’il avaient du talent pour ça, donc pas mal de mecs revendaient le matos 2/3mois après. et donc lui conseillait de s’essayer aux logiciels et que si on avait le temps, l’envie et le talent de passer aux choses sérieuses plus tard…
    et j’ai aussi vu quelque part que un des beats de l’album de Booba « temps mort » avait été fait sur playstation…honnêtement sa s’entend pas mais sa pousse a l’interrogation.

  4. 1- Là aussi tout à fait d’accord avec toi. Surtout que j’ai l’impression que les compo tournent toutes autour d’un même style d’instrumental, ce qui témoigne du manque évident d’imagination (du moins pour ma part…)

    Cependant pour ma part je passe TOUT par ordinateur. En effet une MPC me couterais bien trop cher (surtout face à un MPD 18, qui ne coute pas grand chose, je sais j’ai honte j’ai acheté ça), un Rhodes n’en parlons pas.
    Le seul véritable instrument, serais ma basse (étant bassiste avant beatmaker), et ma platine si ont considère instrument au sens large. Cela dit GURU et Lounge Lizard m’offrent de bonnes alternatives. Et mes productions font peut être pas aussi chaudes, ni profondes que celles de 20syl, J.Dilla etc etc, je trouve qu’elles ne souffrent pas d’un manque véritable de qualité sonore.
    Je pense sérieusement qu’acheter une MPC ne sera pas dans mes priorités d’achat, ni même un rhodes. Et pourtant j’en ai bien envie, ça ferais classe dans la pièce, bon donc je vais me faire un peu l’avocat du diable en disant ça, est-ce qu’on est pas un peu trop « fétichistes », vis-à-vis de nos bonnes vielles machine de Roger Linn, et les vinyles. Après tout un MPD et un CD, sont-ils vraiment sujet à une perte de qualité? Je sais que je dérive un peu, mais c’est un truc qui me trotte dans la tête depuis un p’tit bout de temps.

    Ensuite pour le beatmaking à coup de souris et de clavier maitre, est ce que ça ne fais partit aussi d’une culture du rap de type « commercial ». Je me souviendrais toujours d’un de mes amis entendant une de ces prods faite par un amateur, entièrement via les VST de fruity loops, me disant que le son ne semblait pas mal « tout droit sortit d’un album de rap » (pour le citer), cet amis n’étant pas un écouteur de hip-hop, ces références se limitent à ce qui passe à la radio de d’j’eun’s, et finalement c’est peut-être la même chose pour pas mal de ces « producteurs ». Alors au final pourquoi s’intéresser aux instruments si on arrive à avoir le son de Matt Pokora, ou Booba, via VST et souris.
    Alors est-ce ça ne découlerais d’un manque de culture généralisé, plus que d’un effet de mode avec l’évolution de l’informatique?

    Bon j’espère que je vais rester compréhensible malgré mes digressions multiples

  5. Lucas,
    Fétichistes, peut-être pas mais attachés à une « culture » à un état d’esprit « old school » oui, sûrement. Sans pour autant être réfractaire à tout nouvelle technologie. Mais il faut reconnaître que dans l’art en général (photo, musique, vidéo dessin etc…), les machines « à l’ancienne » sont souvent au moins aussi bien voir mieux que les machines d’aujourd’hui. Perso, je les préfère…
    La perte de qualité sonore au sens technique, non, en effet, je ne penses pas, mais perte de qualité culturelle et musicale au sens large, si sûrement.

    Pour « le Beatmaking à coup de souris et de clavier maitre » (belle expression 🙂 ) et bien oui, je pense que tu as raison, c’est à la fois à l’image du rap commercial (pardon, de merde) d’aujourd’hui qui tire cette musique vers le bas et par le manque de culture générale/musicale de toute une génération dont l’informatique à facilité l’accès à un certain type de « créations ».

    A ta question: « Pourquoi s’intéresser aux instruments si on arrive à avoir le son de Matt Pokora, ou Booba, via VST et souris. » et bien par ce que c’est plus intéressants et que ça sonne mieux. Et puis par ce que l’on à des valeurs, une culture générale et musicale qui nous pousse à être entreprenant, créatif, à nous intéresser à autre chose qu’à des clics de souris potes et être auto satisfait de ce que l’on fait. Et puis parce que l’on à bien compris que ce n’était pas ça faire de la musique.
    Et je crois que c’est déjà une énorme différence.

  6. je croit que vous vous tromper tous les instrusments existe toujour ssauf que maintenant les temps change moi je suis des 80s la prochaine generation aurin leur style il faut l accepter c tous point barre si les gens utilise des logiciel tant mieux tous le monde peu pas faire ce que vous vous voulais ya de la place pur tous le monde que ce soit bon ou mauvais on a pa tous les meme gout moi je vais surment pas aimer ta zik mpc guitar c nul pour moi arreter de juger t’aime pas t’ecoute pas tu te tais c ma philosophie moi j’aime tous accoustique electronique faut savoir apprecier les chose si c bien fait on honore et on ce tais mozart c super david guetta c’est super aussi guitar mpc c bien protools c bien aussi

  7. Moi j’adore trop le Beatmaking a l’ancienne avec de vrais séquenceurs ,ou carrément du son live mais malheureusement je constate qu’avec l’informatique beaucoup de prétendus musiciens s’égarent …..avec cette histoire de vst et de sample qui sortent par millions il n y a plus de créa CREA…j’ai essayé les logciels pour composer des beats franchements c’est pas encore ca moi je veux composer avec une MPC et tout le machin qui va avec comme dans un grand studio mais pour le moment je me contente de ma guitare et de mes gammes en attendant de m’acheter un MPC…..

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