Le business du Vinyle…

Alors que le marché du Compact Disque s’écroule depuis des années, celui du vinyle connait un léger rebond depuis 2008 après plus de 20 ans de désintérêt quasi total pour ce support.

Certes, le chiffre annoncé selon une étude de la RIIA (Recording Industry Associationof America) est minime par rapport aux années 70′, âge d’or du vinyle, puisqu’à l’époque les ventes s’échelonnaient entre 300 et 344 millions de ventes (LP et EP) rien qu’aux US tandis que nous sommes à 4 millions en 2010…

Et même si par rapport au milieu ou à la fin des années 90 ou le vinyle, balayé par le CD, faisait sensiblement le même nombre de vente qu’aujourd’hui, notons simplement que les ventes augmentent, doucement, mais augmentent tout de même depuis 3/4 ans et ont même connu une hausse de 25% entre 2009 et 2010.

Deux offres sur ce marché, le neuf et l’occasion.

Lorsque l’on voit les rééditions des principaux albums des catalogues des grandes maisons de disques remastérisés et pressés en 180 grammes qu’ils vendent plus de 20 euros on comprend rapidement que le business est particulièrement lucratif même si la fabrication d’un vinyle revient bien plus chère que celle d’un CD.

L’industrie surf sur la vague de la nostalgie pour toucher les trentenaires et quarantenaires CSP+ afin de combler une partie du manque à gagner lié au téléchargement de la nouvelle génération.

Mais qu’en est-il du marché de l’occasion?

Et bien, très franchement, ce n’est pas forcément mieux…
Depuis le temps que je chine des disques, j’ai eu l’occasion de parcourir un peu l’ensemble des points de ventes de ces galettes à travers la capitale.
Bien sur, il y a les brocantes, imbattable niveau prix, mais limité en terme de renouvellement pour un collectionneur averti.

Il reste donc les boutiques de vinyles… Et là, c’est une autre histoire…

Il en existe une quinzaine à travers la capitale. De Groove Store à Superfly Records en passant par Monster Mélodies ou Boulinier, il y a de tout, dans tous les styles, mais pas forcément à tous les prix…

Excepté Boulinier ou le choix est sensiblement celui d’une brocante avec des disques dans un état juste moyen, la grande majorité des boutiques de vinyles parisiennes ont un créneau. Vendre du disque « rare », en bon état, nettoyé et sous pochette à 20, 30, 40 voir 60 euros..!

Je comprends parfaitement que ces boutiques doivent vivre et donc gagner de l’argent, mais de là à afficher des disques en prix bas à 20 euros et à un prix moyen de 30/35 euros comme j’ai pu le voir, franchement, je trouve ça excessif.

Par ailleurs, bien que parfois il est plus simple de se rendre dans ce type de boutique pour trouver le disque que l’on cherche depuis des mois, je trouve que collectionner les vinyles (puisque c’est de ça dont il est question) ne se résume pas à se rendre dans une boutique aux vinyles tout beaux tout propres et bien ranger à des prix exorbitant et de s’en tirer pour 250 euros pour une dizaine de disques…

Vous allez me dire, « bah pourquoi pas s’ils en ont les moyens… »

Certes, mais il y a un tel plaisir à chercher, fouiner, être patient, et puis tomber sur LE disque, le nettoyer sois-même, le bichonner, réparer sa pochette s’il faut et tout ça en l’ayant payer entre 5 et 15 euros, que j’ai du mal à concevoir comment l’on peut débourser 30 ou 40 euros pour une galette.

C’est d’ailleurs le principe même du collectionneur, que de chercher les belles pièces à prix raisonnable et de ne pas faire le badot.
Personnellement, je n’ai pas plus de 20 euros à mettre dans un disque, si tant est que ce soit un disque superbe dans un état nickel, et je crois bien ne pas l’avoir fait souvent.

En général je mets autour de 5 à 15 euros grand max… au delà je trouve que c’est trop. Et puis on m’a toujours dis que l’on finit par tomber sur le disque que l’on veut au prix que l’on peut mettre.

D’autant que ce qui fait la qualité d’un bon disque n’est ni sa rareté ni son prix, mais bien la musique qu’il renferme et que bon nombre de disques se trouvent en vides-grenier ou sur internet à des prix abordables.

A noter aussi, que pas mal de rééditions sont glissées dans les bacs de ses boutiques et qu’un novice peu facilement croire faire une bonne affaire en achetant un pressage original. Tous ne le mentionnent pas forcément lorsque tel est le cas.
Surtout ne pas hésiter à demander au vendeur si le doute vous gagne. Un petit truc qui pourra vous aidez aussi, c’est de regarder la pochette intérieur du disque (si elle est jaunie, plissée…) et de la sentir. Si celle-ci sent le vieux, c’est plutôt bon signe.

Alors pas si simple de trouver des disques à des prix convenables, parce que oui, ça devient, rare et ce qui devient rare peut couter cher, même des prix déraisonnables. Mais ne serait-ce pas la preuve que le vinyle est loin d’être mort et que même 50 ans après sa création il fait toujours rêver et dégage des bénéfices?

Sur ces belles paroles, j’attends la période des brocantes avec impatiences, j’ai des vinyles à chiner, et si jamais vous passez par là et que vous avez un lot de disque qui traine dans votre cave dont vous voulez vous séparer, envoyez-moi un mail, je serais ravis d’y jeter un œil! 🙂

adrien[@]acontrecourant.fr

3 réflexions au sujet de « Le business du Vinyle… »

  1. a enfl#re « je serais ravis d’y jeter un oeil !  » ah ah tout est bon hein. on en a jamais assez ! universal a réédité des picture disc dernièrement y’a gainsbourg, zazie mais alain bashung « fantaisie militaire » !!!!!!

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