Le Hip Hop et la Pub

A bien y regarder, le hip hop a fait en une quinzaine d’année ce que beaucoup pensaient inimaginable voir ne souhaitaient pas à l’arrivée du rap en France.Hip_Hop_Graffiti

1) Le Hip Hop paria hier, adulé aujourd’hui

Lorsque je retrace l’histoire du rap et du mouvement hip hop en terme de représentation sociale et public, je ne peux m’empêcher de repenser à la mauvaise image qu’il pouvait avoir. Les débordements du concert de Fnac des Ternes, Lacoste qui refuse de sponsoriser Arsenik alors au sommet, le graffiti montré du doigt comme de la détérioration de bien publique et les graffeurs mis en prison.

A l’époque, le hip hop, alors mouvement nouveau et encore marginal faisait peur. Peur parce qu’incompris et parce que pas encore assimilé par la société comme un mouvement révolutionnaire. Oui, oui, révolutionnaire! Qui allait faire bouger les lignes.

Lorsqu’on voit aujourd’hui où est le hip hop dans son ensemble, quelles couches de la société il touche, l’argent qu’il génère de près ou de loin, il est évident qu’il a conquit une place prédominante dans la société faisant taire les sociologues et autres spécialistes du genre qui disaient sur les plateaux de télé fin 90′ que le hip hop était un phénomène de mode qui n’existerait plus dans 10 ans.

2) Le Hip Hop dans la publicité

Pas un écran de pub sans hip hop. Dans le son, les codes vestimentaires, la gestuelle etc… Et cela dans toutes les industries.
Juste quelques exemples à la voilée:

Pub Adidas:

Pub Durex:

Pub Evian:

Publicité Evian

Pub Toyota Yaris:

3) Le Hip Hop dans la haute couture

Bien que la rue est de tout temps influencé fortement la haute couture, le phénomène du hip hop dans la haute couture est assez étonnant et à la fois presque drôle de pars son ridicule.

Lorsque le hip hop et son style baggy, fat laces, t-shirt déstructué et sweat large passe de la rue aux podium, c’est dans un premier temps sous l’égide des grandes maison de coutures qui se l’aproprient comme Jean Paul Gautier par exemple. Puis Les marques des rappeurs dont les vêtements étaient raillées comme étant trop grands et moches grossisent pour elles aussi se mettre à défiler et enfin voir naitre des collaborations entre Kayne West et Louis Vuitton ou Pharrell Williams et Chanel. Autant  le dire, choses impensable il y a 15 ans. Mais il n’y a que les cons qui ne change pas d’avis…

4) Le Hip Hop dans les musées

Ce sont des photos de rappeurs, des toiles ou des pochoirs à même les murs, de Banksy à JR en passant par le marché du graffiti toute ces forme d’expressions issues du mouvement explosent. Qu’il est délicieux de voir comment la rue prend le pas sur le conservatisme et à quel point la persévérance, l’indépendance et l’audace paye.

Le graff considéré aujourd’hui comme de l’art et vendu aux enchères! C’est pas beau ça!

Bien sur l’ensemble de ce glissement du hip hop de la marge au « mainstream » ne se fait pas sans perdition, mais ce n’est pas l’aspect authentique qui m’intéresse ici. C’est le côté fermé de la société, notamment de consommation et le rejet de l’image du hip hop et du rap par les marques qui se l’accapare aujourd’hui à coup de planche à billets.

Comme un petit gout de revanche…

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