Le Hip Hop sauce Américaine

La comparaison entre le Hip-Hop hexagonale et celui outre atlantique a été faite des dizaines de fois. Et il en ressort à chaque fois cet écart entre musicalité pour l’un et contenu pour l’autre. Le débat est sans fin.

Mais c’est sur un aspect bien particulier du rap américain que je vais me pencher, le marketing. Le point faible du rap français?

Si certains rappeurs sont en place depuis des années voir des décennies comme Jay-Z, Nas, Puff Daddy etc… comment les nouvelles générations prennent à leur tour la part du gâteau?

Il me semble que là où les américains sont très fort, c’est qu’ils réussissent à faire passer une musique du ghetto, dure et bien souvent vulgaire pour ce qu’ils appellent de « l’entertainement ».

Chacun sait que la grande force de Puff Daddy a été de réussir à faire écouter du rap à la population blanche au milieu des années 90′ en créent le R’n’B, notamment avec des groupe comme 112.

C’est sur que 5 minets qui chantonnent et parlent d’amour sur des basses et une mélodie suave, ça passe plus facilement aux oreilles du grand publique que les son de N.W.A, Tupac, ou le Wu Tang…

alors effet bis repetita aujourd’hui mais de manière légèrement différente. Le marché étant mur et reconnu, la tendance est à la segmentation.

Je m’explique:

Prenons l’exemple de Birdman et de son empire YMCMB créé en 2005.

Chacun de ses rappeurs a un rôle très précis. On pourrait penser à une coincidence, mais pas du tout…

Lil Wayne avec sa voix criarde par exemple, a le rôle du fumeur de joints qui ne parlent que de drogue d’argent et de sexe. Son vocabulaire, son flow, ses instru, ses thèmes et de faite sa position au sein de YMCMB est réfléchie et travaillé en amont.

Comme Drake, le beau gosse, lover avec sa coupe de cheveux super bien taillée à la voix suave et aux textes enflammées ou Nicky Minaj, la bombe trash qui ne parle pas d’amour mais de baise avec la plus grande vulgarité etc…

Et tout ça est très intéressant commercialement.
Chacun à sa place, chacun son rôle et chacun son public. Pas de risque de se marcher dessus, et heureusement, puisque tout ce petit monde roule pour la même équipe. Ça s’appelle la segmentation de marché!

Et c’est là où les rappeurs américains sont très fort. C’est qu’en plus de rapper ils sont de redoutables businessman avec un sens aiguisé du commerce!

Plus de 100 millions de dollars de revenus annuel pour Birdman et plusieurs centaines de millions de disques vendus par an ça ne s’invente pas…

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