Le Street Art ou l’Art de Partager…

Intrigué par les sculptures de Prune, en continuelle recherche des photos de JR , des Graff d’ O’Clock ou des pochoirs d’Astre, j’ai toujours eu une profonde admiration pour leur travail.

A tel point que je me suis pris au jeu, en étant continuellement en quête de nouvelles œuvres dans les grandes villes où j’allais pour en deviner qui en était l’auteur.

La première fois que j’ai découvert ce qu’était un pochoir et son résultat, c’était il y a une dizaine d’année.
C’était un pochoir d’Astre, et il représentait les toits de Paris avec un type, tourné vers la tour Eiffel, une bombe de peinture à la main et regardant l’horizon.

Ceux qui suivaient le Street Art à Paris il y a 10 ans s’en souviennent sûrement, il y en avait un superbe à la Porte d’Orléans 😉

Depuis, j’ai toujours suivi l’évolution de ce que l’on appelle aujourd’hui le Street Art ou l’Art de Rue.

Il y a une énergie et une liberté qui m’ont tout de suite parlé, tout particulièrement dans cette manière d’exposer, de s’exposer et de présenter sa création sans filet. Parce que c’est vraiment se jeter dans le vide que d’exposer dans la rue. En plus de l’aspect illégal (lorsque l’autorisation n’est pas demandée ou obtenue) et de la pression qui en découle, il y a le fait de s’exposer aussi en tant qu’artiste en plus de présenter une de ses œuvres.
Le faite de « lâcher » l’une de ses création dans la rue c’est s’abandonner sois même quelque part. C’est laisser l’œuvre à tous les publics donc toutes les critiques, mais c’est aussi donner le coup de grâce à l’une de ses création puisque contrairement à une exposition en galerie, on sait pertinemment que la création est vouée à disparaitre. La seule question est: ‘En combien de temps. »

Il y a une vraie volonté de faire passer un message et d’interpeller le plus grand nombre de personnes, sans sélection ni apriori.
J’aime cet aspect peu conformiste, quand au delà d’une technique ou d’une performance on sent l’artiste impliqué personnellement dans la mise en place de son œuvre et que la présentation de celle-ci fait aussi partie du processus de création.

J’aime la spontanéité du graffiti, la liberté du collage, la réflexion de la sculpture, il y a dans ces actions plus que l’art et de la création. Il y a de l’engagement, de la prise de parole, et de la prise de risque. Tout ça présenter de manière artistique et autonome.

Ce qui est aussi très intéressant, c’est l’ampleur qu’a pris ce mouvement.
Il existe à présent des artistes qui pratiquent le Street Art, à leur manière, graffiti, photos, tags, pochoirs, dessins collés, sculpture etc… partout à travers la planète. Le mouvement a pris un véritable essor en France depuis une dizaine d’années à tel point que l’on retrouve des graffitis au Grand Palais et qu’un véritable « marché » s’est installé, avec des œuvres qui s’achètent et se vendent!

Chose impensable il y à 15 ans!

Et même si j’ai découvert tout ces arts de rue par le tag, aujourd’hui, c’est le pochoir qui me fascine le plus. Après avoir été très longtemps subjugué par les « Expos de Rue » de JR et son inspiré par son audace, ce qui me bluff à présent se sont les pochoirs comme ce que fait Blek le Rat ou même Miss Tic.

C’est dingue de voir avec quelle précision ils travaillent et le rendu une fois posé.

Plus qu’un engouement, je crois qu’il commence à y avoir une reconnaissance du public pour le Street Art. Tant mieux!  ça montre aussi que la rue peut-être source d’imaginaire, de création, d’échanges positifs etc… Il y a des revendications à travers ses actions, évidemment, mais il y a aussi un savoir faire, une créativité débordante et une envie de faire des choses, à sa façon.

Ce qui me pousse à me demander si finalement, exposer en pleine rue ce ne serait pas ça la plus belle manière de partager ses créations…

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